Les actions industrielles restent un terrain de jeu très large pour un PEA. On y trouve les grands chantiers européens, l’électrification des réseaux, l’automatisation des usines, la logistique, les matériaux avancés et les services d’ingénierie. Derrière le mot « industrie », les modèles économiques n’ont donc pas grand-chose à voir, et c’est précisément ce qui rend une sélection nécessaire.

Le marché récompense actuellement les entreprises capables de vendre les outils de la transition énergétique et de la réindustrialisation. SCHNEIDER ELECTRIC affiche ainsi +19,2% sur six mois et +27,92% sur un an. À l’autre extrémité du spectre, Arteche Lantegi Elkartea SA grimpe de +51,95% sur six mois et de +132,18% sur un an, portée par les besoins en équipements de réseau électrique. Les infrastructures physiques et électriques redeviennent un sujet très concret, loin des seuls effets d’annonce.

Cette sélection d’actions industrielles accessibles au PEA mêle donc des leaders établis, des spécialistes du cycle énergétique et des groupes de construction. MERSEN, par exemple, a gagné +87,72% sur six mois, tandis que BAM GROEP KON progresse de +47,25% sur la même période. Les performances récentes sont spectaculaires sur plusieurs dossiers, ce qui impose de ne pas acheter les yeux fermés après une envolée.

Le PEA permet de loger des actions européennes et de profiter d’une fiscalité favorable après cinq ans de détention, sous réserve de respecter ses règles de fonctionnement. Avant de composer votre portefeuille, prenez le temps de consulter notre guide complet du PEA. L’idée n’est pas de parier sur un seul chantier ou une seule technologie : on préfère répartir entre automatisation, réseaux, construction, logistique et services industriels, puis laisser le temps travailler.

Le risque mérite aussi sa place dans le tableau. Les tensions tarifaires peuvent renchérir les composants, désorganiser les chaînes d’approvisionnement et peser sur les marges. Les valeurs de construction restent sensibles aux coûts de financement et au rythme des commandes publiques. Quant aux titres ayant déjà beaucoup monté, ils ne pardonnent généralement pas une publication décevante. Une industrie solide en Bourse reste une industrie cyclique.

Notre Top 3

1
SU · 291.55 EUR · Momentum 62

SCHNEIDER ELECTRIC combine une position mondiale dans la gestion de l’énergie et l’automatisation avec un momentum de 62. Le titre avance de +27,92% sur un an et de +123,68% sur cinq ans, une trajectoire remarquablement régulière pour un géant industriel.

Son rendement de 1,44% reste secondaire : le dossier se joue d’abord sur la croissance et peut corriger après son parcours déjà solide.

2
ART · 37.7 EUR · Momentum 89

Arteche Lantegi Elkartea SA domine la sélection par son momentum de 89 et affiche +132,18% sur un an. Transformateurs, équipements de mesure et réseaux électriques placent le groupe au cœur des investissements dans les infrastructures énergétiques.

Après une hausse de +864,91% sur trois ans, la volatilité d’une valeur de cette taille doit être pleinement assumée.

3
MERSEN +64.2% (1Y)
MRN · 41.6 EUR · Momentum 73

MERSEN offre un profil de mid-cap en accélération : momentum de 73, gain de +87,72% sur six mois et de +64,25% sur un an. Ses matériaux avancés servent l’énergie, l’électronique et les transports, avec un rendement de 3,92% qui ajoute une composante revenu.

La hausse récente est très nette : le scénario suppose que la demande industrielle et énergétique reste bien orientée.

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Comparatif complet

Nom Ticker Prix Momentum Perf 6M Perf 1Y Rendement Secteur / Géo.
SCHNEIDER ELECTRIC SU 291.55 EUR 62 +19.2% +27.9% 1.44% Industrie · Monde
Arteche Lantegi Elkartea SA ART 37.7 EUR 89 +52.0% +132.2% - Industrie · Europe
MERSEN MRN 41.6 EUR 73 +87.7% +64.2% 3.92% Industrie · Europe
AALBERTS NV AALB 42.76 EUR 68 +47.7% +57.4% - Industrie · Pays-Bas
BAM GROEP KON BAMNB 12.68 EUR 73 +47.2% +59.6% - Industrie · Europe
Siemens Energy AG ENR 144.24 EUR 67 -10.0% +47.4% 0.47% Industrie · Monde
HOCHTIEF AG HOT 390.2 EUR 74 +7.2% +82.5% - Infrastructures · Allemagne
Deutsche Post AG DHL 57.24 EUR 69 +36.3% +61.2% - Industrie · Allemagne
ARCADIS ARCAD 39.7 EUR 59 +58.1% +1.6% - Infrastructures · Pays-Bas
LISI FII 61.7 EUR 63 +17.0% +35.4% - Industrie · France
GEA GROUP AG G1A 66.3 EUR 58 +13.4% +7.7% - Industrie · Allemagne
KNORR-BREMSE AG INH O.N. KBX 102.8 EUR 61 +8.1% +31.1% - Transport & Mobilité · Allemagne
ELECNOR S.A. ENO 29.95 EUR 61 -0.8% +30.2% - Infrastructures · Espagne
BUREAU VERITAS BVI 26.64 EUR 55 +5.2% +8.0% - Services Publics & Infrastructures · Monde
SPIE SPIE 42.26 EUR 51 +3.9% -6.1% - Services Publics & Infrastructures · Europe
VINCI DG 105.75 EUR 50 -11.0% +0.3% 4.39% Infrastructures · Europe
EIFFAGE FGR 98.76 EUR 51 -17.4% +3.0% 3.46% Infrastructures · Europe
BOUYGUES EN 41.63 EUR 56 -10.2% +20.9% 3.97% Infrastructures · France
SAINT GOBAIN SGO 68.34 EUR 44 +0.4% -20.1% 3.12% Industrie · Europe
LEGRAND LR 141.6 EUR 51 -1.3% -3.5% - Industrie · Monde

Automatisation et équipements électriques : le moteur de l’électrification

SCHNEIDER ELECTRIC reste la référence de ce segment. Sa hausse de +96,52% sur trois ans puis de +123,68% sur cinq ans traduit une croissance qui ne repose pas sur une seule année faste. L’automatisation des sites industriels, la modernisation des bâtiments et l’extension des réseaux électriques soutiennent un modèle diversifié.

Arteche Lantegi Elkartea SA joue une partition plus nerveuse, directement liée aux équipements de transport et de mesure de l’électricité. Son parcours de +917,22% sur cinq ans est impressionnant, mais un tel historique demande une discipline de prix. AALBERTS NV gagne +47,7% sur six mois et +57,37% sur un an : ses solutions de gestion des fluides et de haute précision accompagnent un redressement beaucoup plus récent, après une hausse limitée à +2,67% sur cinq ans.

Siemens Energy AG a construit un parcours explosif, avec +1 051,65% sur trois ans et +533,85% sur cinq ans. Le reflux de -9,97% sur six mois rappelle toutefois que les équipements énergétiques restent un secteur exigeant, soumis aux cadences de production et aux délais de livraison. LEGRAND, en baisse de -3,53% sur un an, conserve une base de long terme plus robuste avec +67,95% sur trois ans grâce à ses infrastructures électriques et numériques pour le bâtiment.

Construction et infrastructures : des carnets de commandes à surveiller

Dans les infrastructures, BAM GROEP KON affiche un momentum de 73 et une liquidité élevée, avec un volume de 661 110. Le groupe néerlandais progresse de +59,59% sur un an et de +615,57% sur trois ans. La construction et le génie civil peuvent profiter des programmes publics, mais les marges restent particulièrement sensibles au coût des matériaux et à l’exécution des contrats.

HOCHTIEF AG présente une trajectoire longue très puissante, à +349,85% sur trois ans et +574,82% sur cinq ans. Son avance sur six mois se limite à +7,21%, signe d’un rythme moins euphorique. ARCADIS gagne +58,13% sur six mois, mais seulement +1,56% sur un an : le titre semble en plein retournement, à confirmer par la durée.

Côté français, VINCI recule de -11,02% sur six mois malgré un rendement de 4,39%, alors que EIFFAGE abandonne -17,4%. Ces deux groupes gardent des actifs de concessions et une exposition concrète aux grands projets, mais le momentum actuel appelle à la patience. BOUYGUES affiche également -10,2% sur six mois, tout en restant en hausse de +20,85% sur un an et en offrant un rendement de 3,97%.

SAINT GOBAIN a perdu -20,08% sur un an, ce qui contraste avec ses gains de +34,36% sur trois ans et de +42,76% sur cinq ans. Le dossier dépend du cycle de rénovation et de construction. ELECNOR S.A., actif dans les projets d’énergie et d’ingénierie, recule légèrement de -0,82% sur six mois mais conserve +243,82% sur trois ans et +468,02% sur cinq ans.

Logistique, mobilité et composants : des industriels moins évidents, mais bien exposés

Deutsche Post AG apporte une exposition directe à la logistique mondiale. Le titre affiche un momentum de 69, une progression de +36,28% sur six mois et de +61,22% sur un an. Son volume de 202 227 traduit par ailleurs une liquidité confortable pour un investisseur particulier.

LISI sert l’aéronautique, l’automobile et le médical avec ses composants de fixation. Sa performance atteint +35,43% sur un an, +191,22% sur trois ans et +153% sur cinq ans. Voilà un dossier industriel spécialisé, porté par des marchés exigeants où la qualification des pièces crée une vraie barrière à l’entrée.

KNORR-BREMSE AG INH O.N. s’inscrit dans la mobilité ferroviaire et routière avec ses systèmes de freinage. Le titre progresse de +31,13% sur un an et de +84,48% sur trois ans, mais sa hausse de seulement +8,06% sur six mois montre un rythme plus mesuré. GEA GROUP AG, fournisseur de technologies de procédés notamment pour l’agroalimentaire, affiche +103,26% sur trois ans et +89,67% sur cinq ans, malgré une progression plus modeste de +7,73% sur un an.

Services industriels : la régularité face au bruit du cycle

BUREAU VERITAS mise sur les services de test, d’inspection et de certification. Son profil est moins cyclique qu’un constructeur d’équipements lourds, mais son momentum de 55 et son gain de +7,98% sur un an restent modestes. Sur cinq ans, la hausse de +17,98% montre un parcours plus calme, presque à contre-courant du reste de la sélection.

SPIE est exposé aux réseaux, au génie électrique, aux communications et à l’efficacité énergétique. La performance de -6,13% sur un an masque un bilan de long terme constructif, à +67,4% sur trois ans et +150,17% sur cinq ans. Pour un investisseur patient, cette phase de digestion peut créer un point d’entrée plus rationnel qu’après une envolée.

Conclusion

Les meilleures actions industrielles PEA de 2026 ne se résument pas à une course au momentum. SCHNEIDER ELECTRIC offre une exposition diversifiée à l’électrification, Arteche Lantegi Elkartea SA incarne l’accélération des réseaux, et MERSEN ajoute des matériaux avancés ainsi qu’un rendement appréciable. Autour de ce noyau, les profils de BAM GROEP KON, Deutsche Post AG, LISI ou SPIE permettent de diversifier les moteurs de performance.

On garde néanmoins la tête froide : plusieurs titres ont déjà enregistré des hausses à trois chiffres sur trois ou cinq ans. Pour bâtir un portefeuille PEA cohérent, privilégiez des achats étalés, une répartition entre segments et un suivi régulier des résultats. Anantys permet de comparer ces trajectoires et de suivre les valeurs industrielles qui correspondent réellement à votre horizon d’investissement.

Questions fréquentes

L’industrie européenne ne forme pas un bloc homogène. Les moteurs de SCHNEIDER ELECTRIC dépendent de l’automatisation et de l’électrification, ceux de Deutsche Post AG de la logistique, tandis que VINCI dépend davantage des concessions et des grands travaux. Répartir les lignes entre ces activités limite l’impact d’un ralentissement sectoriel. Le PEA est particulièrement adapté à cette construction progressive : retrouvez les règles pratiques dans notre guide complet du PEA.

Non. Arteche Lantegi Elkartea SA a gagné +917,22% sur cinq ans et Siemens Energy AG +1 051,65% sur trois ans. Ces chiffres valident une dynamique passée, pas la performance future. Après de telles progressions, la moindre déception sur les commandes, les marges ou les délais de production peut provoquer une correction brutale. Mieux vaut investir par étapes et dimensionner ces positions comme des lignes dynamiques, pas comme le socle entier du portefeuille.

VINCI affiche un rendement de 4,39%, MERSEN 3,92%, BOUYGUES 3,97% et EIFFAGE 3,46%. Le dividende ne doit toutefois pas faire oublier la tendance du cours : EIFFAGE perd -17,4% sur six mois et VINCI -11,02%. Un rendement élevé compense rarement une mauvaise allocation si le cycle se dégrade durablement.

Les risques changent selon le métier, mais trois sujets dominent : le ralentissement des commandes, la pression sur les marges et les tensions commerciales. Les droits de douane ou les restrictions d’approvisionnement peuvent augmenter le coût des composants pour les fabricants. Dans la construction, une hausse du coût du financement peut retarder les projets. Pour les groupes internationalisés comme SCHNEIDER ELECTRIC ou LEGRAND, les devises et la demande mondiale ajoutent une couche de volatilité.

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