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Retour de l'inflation : la BCE monte ses taux
Pour la première fois depuis le début de l'année, la banque centrale américaine devrait très probablement décider cette semaine de relever ses taux d'intérêt. La probabilité de cette hausse est passée de 35 % il y a trois semaines à 86 % aujourd'hui. Un chiffre qui interpelle : on aurait pu s'attendre à ce que la FED évite de resserrer sa politique à l'approche d'une échéance électorale majeure comme les midterms de novembre, notamment sous la pression publique de Donald Trump, qui répète inlassablement vouloir "les taux d'intérêt les plus bas au monde". En face, Christine Lagarde et la banque centrale de la zone euro n'ont pas attendu : comme à leur habitude, elles ont acté une nouvelle hausse dès le 10 septembre en devançant les États-Unis.
Le déclencheur pétrolier
Voilà maintenant plus de six mois que les États-Unis et l'Iran sont engagés dans un conflit qui alterne phases d'escalade et d'accalmie. Début septembre, la guerre autour du détroit d'Ormuz par lequel transitait 20 % du pétrole mondial avant le conflit, s'est encore intensifiée. Washington a frappé trois pétroliers iraniens le 5 septembre, avant de revendiquer une attaque de grande ampleur visant les infrastructures énergétiques saoudiennes le 8 septembre. Conséquence immédiate : le prix du baril de pétrole a dépassé 100 dollars le 9 septembre, son plus haut niveau depuis juillet.
L'essence fait flamber l'inflation
Un carburant plus cher, ce n'est jamais un choc isolé : c'est tout un effet domino qui suit. Les coûts de transport augmentent, ce qui renchérit les coûts de production de la plupart des biens, ce qui finit par peser sur le pouvoir d'achat des ménages dont le coût de déplacement grimpe aussi mécaniquement, directement à la pompe. Concrètement, le prix moyen de l'essence aux États-Unis accuse une hausse d'environ +30 % sur un an. C'est précisément l'épine dans le pied des banques centrales : une inflation tirée par le pétrole est-elle passagère, ou en train de s'installer durablement ? Bien malin celui qui prétendra pouvoir répondre à cette question.
La BCE a tranché
Le 10 septembre, la banque centrale de la zone euro a relevé ses taux d'intérêt d'un quart de point, à 2,5 %. C'est sa deuxième hausse de l'année, après celle de juin. Christine Lagarde a qualifié la décision de "no brainer" et prévient que ce choc énergétique pourrait durer plus longtemps qu'anticipé.
L'or, à contre-courant
Dans un tel contexte d'incertitude, on pourrait s'attendre à ce que l'or, valeur refuge par excellence, grimpe, et pourtant... il n'en est rien ! Pire, c'est l'inverse qui se produit : l'or recule depuis trois semaines. L'once, touche son plus bas niveau depuis fin août en atteignant 4 304 dollars . La raison tient moins à la géopolitique qu'aux taux d'intérêt attendus : quand une hausse des taux américains devient plus probable, l'or devient mécaniquement moins attractif pour les investisseurs de court terme, qui retirent leur argent des fonds spécialisés dans l'or. Pourtant, les fondamentaux restent solides : les achats des banques centrales du monde entier ne faiblissent pas. Environ 1 000 tonnes par an en rythme moyen, la preuve que la conviction de long terme sur l'or tient toujours.
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