Les investissements IA débarquent physiquement en France
Le grand écart de la semaine tient en deux chiffres. Jeudi 4 juin, le Nasdaq a perdu 4,18 % et près de 1 300 milliards de dollars se sont évaporés sur les semi-conducteurs en une seule séance, après que Broadcom a maintenu et non relevé son objectif IA. La même semaine, à Choose France, SoftBank annonçait 75 milliards d'euros de datacenters dans le Nord. La Bourse doute mais le capital, lui, mise gros dans le béton et l'électricité.
Le trou d'air chip
La séance du 4 juin a été violente : Nasdaq −4,18 %, S&P 500 −2,64 %, Dow −1,35 %. Le déclencheur : Broadcom publie 4,1 milliards de dollars de revenus IA réseau contre 4,8 milliards attendus, et refuse de relever sa cible de 100 milliards à horizon 2027. Dans un secteur où le marché exige qu'on relève la guidance à chaque trimestre, ne pas le faire s'interprète comme l'arrivée d'un plafond de verre. NVIDIA recule quant à elle de 6 %.
SoftBank mise 75 milliards
Au même moment, à Choose France le 31 mai, SoftBank engage jusqu'à 75 milliards d'euros pour 5 GW de capacité IA en France. La phase 1 — 45 milliards et 3,1 GW — vise les Hauts-de-France d'ici 2031, sur trois sites : Dunkerque-Loon-Plage (chantier au second semestre 2026), Bosquel dans la Somme (1 GW, avec Sesterce) et Bouchain, sur une ancienne centrale EDF. C'est le plus gros investissement d'infrastructure IA de SoftBank en Europe.
L'électricité, vrai actif
Si les hyperscalers visent le Nord, c'est pour un trio rare en Europe : un nucléaire pilotable (plus de 70 % du mix électrique français), un réseau RTE dense, et du foncier industriel disponible. SoftBank s'associe à EDF sur Bouchain et à Schneider Electric pour une usine robotisée. À côté, Microsoft ajoute 4 milliards d'euros (Mulhouse, Paris, Marseille) et AWS 1,2 milliard. L'électron décarboné est devenu un argument commercial.
Qui encaisse vraiment
La France fournit les terrains et les électrons ; les marges logicielles et les puces, elles, restent américaines. L'exception française qui encaisse déjà, c'est l'équipementier : Schneider Electric a publié 11,4 milliards de dollars de chiffre d'affaires au T1 2026 (+11,2 % en organique), dont un segment énergie en hausse de 13 %, tiré par les datacenters. Ecouter notamment le podcast de France Inter sur le sujet : L'émission complète est ici.
Rotation ou sortie
Le repli boursier ressemble plus à une rotation qu'à un krach : le S&P reste en hausse d'environ 10 % sur l'année et le Dow a fini quasi stable, l'argent quittant la tech pour la santé, la finance et l'industrie. Notre Market Radar le confirme : il reste à 9,5 en zone « Sommets », redescendu d'un pic à 9,8 fin mai, avec des composantes américaines à 9,3 et européennes à 9,6. Ce que l'on constate aujourd'hui est donc un marché qui souffle un peu après l'euphorie.
L'analyse IA de votre portefeuille est désormais ouverte à tous, y compris en essai gratuit : la note de santé sur 100 qui était en private preview pour nos clients payants sort aujourd'hui de l'avant-première. Momentum, forces et risques, analyse position par position et actualité de vos titres : tout est synthétisé en un score, puis explorable en conversation — avec un mode automatique pour un résumé hebdomadaire ou mensuel par email. Connectez-vous, ouvrez un portefeuille actions ou ETF, et lancez votre première analyse.
Was this newsletter helpful?
Your feedback helps us improve our research.
Analysez votre portefeuille avec Anantys
- 100% gratuit pour tester, payez à l'usage ensuite
- Synchronisez votre PEA ou CTO en 2 clics
- Obtenez une analyse IA objective de vos positions